La Maisnie Champenoise - Templiers, Hospitaliers, Teutoniques, etc.
 
  

   Les Templiers   

Histoire - Grands Maîtres - Symboles

LES CROIX

Introduite en 1147, la croix de gueules ou "croix de vermeille" selon une expression médiévale, devint vite le signe exclusif du Temple, à tel point que les chroniqueurs la qualifient toujours de "croix du Temple", "croix des Templiers" ou encore "croix de la milice du Temple", sans toujours préciser sa couleur, ce qui laisse supposer que ses formes et couleurs étaient connues de tous. Voici toutes les croix utilisées par l'Ordre du Temple :
 

 

LES SCEAUX

Sigillum Militum Christi

Ce « sceau de la Milice du Christ » (Sigillum Militum Christi) est l'un des plus célèbres de l'Ordre du Temple, c'est celui du 19ème Grand Maître, Renaud de Vichiers : il représente deux chevaliers montés sur le même cheval, une lance en arrêt, galopant de dextre (droite) à senestre (gauche). Ces cavaliers sont des messagers du Temple, annonciateurs de la Lumière venue d'Orient.

Ce sceau peut symboliser la pauvreté de l'Ordre, à ses débuts, en hommage à ses deux premiers membres, Hugues de Payns et Godefroi de Saint Omer, lorsque la milice du Temple s'appelait encore l'Ordre des pauvres chevaliers du Christ. À un niveau plus profond, il symbolise aussi la double nature de l'ordre, exotérique et ésotérique, guerrier et monastique, ainsi que la double nature de l'homme, divine et humaine, et enfin, il représente également la tripartition de l'être en spiritus (esprit), animus (âme) et corpus (corps).
 Voici d'autres sceaux souvent utilisés par les Templiers :
 

 

L'ALPHABET SECRET DES TEMPLIERS

La mission première des Templiers était d'assurer la sécurité des pélerins en Terre Sainte. Rapidement, ils se détournèrent de cet objet, et s'enrichirent considérablement au point de devenir les trésoriers du roi et du Pape. Par sécurité, ils chiffraient les lettres de crédit qu'ils mettaient en circulation entre leurs neuf mille commanderies. Leur alphabet de substitution était déduit de la croix dite « des huit béatitudes » qui constituait l'emblême de l'ordre :

Ils remplaçaient chaque lettre par un symbole, suivant la substitution suivante :
 

 

LES CHIFFRES 3, 8 ET 9

Dans les sociétés traditionnelles, les chiffres et nombres ne servent pas uniquement à énoncer des quantités, mais encore à élaborer des liens ou des supports symboliques. Car ceux-là expriment des idées et des forces, et constituent des "êtres vivants" doués de forces ou de flux vitaux qui, lorsqu'on les prononce, déplacent un "courant" invisible mais réel qui influencera la réalité ambiante à laquelle le chiffre ou nombre se rapporte. Le cosmos est un ensemble de nombres, d'où l'importance de leur interprétation qui se présente comme l'une des pratiques symboliques les plus anciennes.
Platon en faisait le plus haut degré de la connaissance et l'essence même de l'harmonie intérieure et cosmique.
Selon saint Martin, les chiffres et nombres sont les enveloppes visibles des êtres dont ils règlent à la fois l'harmonie physique et les forces vitales, spatiales et temporelles, et les rapports interdépendants avec le Principe premier. Ils sont les principes coéternels à la vérité et issus de l'Esprit divin.
Le philosophe Philolaos précisait : "C'est l'essence du nombre qui enseigne à comprendre tout ce qui est obscur et inconnu. La vérité seule convient à la nature du nombre et est née avec lui".
Le déchiffrement des nombres permet de pénétrer au coeur de la Connaissance des mondes visible et invisible et d'atteindre jusqu'à la substance du divin. Cette puissance numérique ne pouvait échapper au Temple qui privilégia certains nombres fondamentaux qu'il inséra dans les multiples aspects de son existence spirituelle et temporelle. Des auteurs modernes, ne sachant raison garder, ont multiplié à l'envie et selon leur humeur les "nombres templiers", alors que d'autres faisaient la démarche inverse, parlant de simple et pur hasard. L'inconvénient, en ce qui concerne ce dernier cas, le hasard n'existant pas pour une mentalité traditionnelle (comme celle du Moyen Âge, par exemple), il a bien fallu que les quelques nombres curieusement récurrents employés par le Temple proviennent de quelque part. Ces nombres ne pouvaient "venir" que d'une "réalité subtile", transcendante et émanant de l'Esprit, du Principe suprême, afin de "marquer" et d'"informer" l'être du Temple, lui donnant sa personnalité propre en conformité avec sa nature et sa mission.
Trois nombres se rencontrent au sein de l'Ordre : le 3, le 9 (carré de 3) et le 8.

 

Le chiffre 3 (omniprésent)

  • Les 3 voeux de religion (communs à tous les ordres monastiques).
  • Les 3 aumônes obligatoires par semaine.
  • Les 3 jeûnes annuels.
  • Les 3 repas par jour.
  • Les 3 repas carnés par semaine.
  • Les 3 présentations du novice devant le Chapitre avant sa réception.
  • L'obligation d'accepter le combat à un contre trois (3).
  • Les 3 assauts de l'ennemi avant la riposte du Temple.
  • Les 3 chevaux que le Templier recevait lorsqu'il partait en expédition.
  • L'obligation pour tout Templier de se figer à 3 pas devant l'abacus du maître.
  • Les 3 messes par semaine que les chapelains de l'Ordre devaient célébrer.
  • Les 3 baisers initiatiques, dits "baisers obscènes" lors des procès, donnés aux frères par ceux qui les recevaient : les baisers sur les lèvres, le nombril et l'épine dorsale, selon Hugues de Bure, ou sur la bouche, l'anus et le pénis, selon Raoul de Gisy (cf. B. Marillier, op. cit.).
  • Les 3 signes de croix que les Templiers devaient faire avant d'engager le combat.
  • Les 3 couleurs du Temple.
  • Les 3 provinces du Temple d'Orient.
  • Les 3 clefs de la bourse détenues par le maître et deux autres hauts dignitaires de l'Ordre.
  • Les 3 hauts dignitaires de l'Ordre ayant préséance sur tous les autres Templiers : le maître, le sénéchal et le maréchal.
  • Les 3 groupes à cheval de frères-chevaliers composant un escadron du Temple.
  • Les 3 fenêtres ou groupes de fenêtres qui éclairent souvent les églises et chapelles de l'Ordre.
  • Les 3 travées des églises et chapelles templières.

Le 3 est universellement un chiffre primordial. Premier nombre insécable, il exprime le spirituel et l'intellectuel, en Dieu, dans l'univers et dans l'homme. C'était déjà sa signification chez les Celtes. Il est la synthèse de la tri-unité de l'être où il est le résultat de l'union du 1 (principe masculin) et du 2 (principe féminin), c'est-à-dire l'union du Ciel et de la Terre. De ce fait, le 3 est l'expression la plus complète du divin, de l'harmonie cosmique et de l'accomplissement intégral de la manifestation. C'est encore le nombre de toutes sortes de triades (esprit/âme/corps, vie/mort/résurrection, ciel/terre/enfers, etc.) et des Trinités divines païennes, notamment indo-européennes, et chrétienne.

 

Le chiffre 9

  • Les 9 fondateurs traditionnels de l'Ordre.
  • Les 9 Templiers nécessaires pour constituer une commanderie.
  • Les 9 provinces du Temple d'Occident.
  • Les 9 années de gestation du Temple (1118 à 1127) .
  • Les 72 articles (7 + 2 = 9) de la Règle primitive.
  • Les 180 ans (1 + 8 + 0 = 9) de l'existence de l'Ordre.
  • Les 9 000 commanderies templières (nombre invérifiable donné par Matthieu Paris).
  • Les 117 (1 + 1 + 7 = 9) chefs d'accusation lors des procès.
  • La mort du dernier maître, Jacques de Molay, également marquée par le 9 : il fut mis à mort le 18 (1 + 8 =9) mars 1314(1+3+1+4=9).

Dernier des nombres simples, le 9 possède une forte valeur rituelle. Il annonce à la fois la fin et le commencement, donc une transposition sur un nouveau plan, conduisant à une renaissance. Le 9 est la mesure des gestations et symbolise la récompense des efforts et l'accomplissement de la création. Nombre de la neuvaine (neuf jours de prière), source de grâce, le 9 (Énée) est le nombre de degrés (les échelles de Jacob et de joseph d'Arimathie comptent 9 barreaux) que doit franchir celui qui cherche Dieu, à l'image de la neuvième lame du tarot, l'Ermite ou le Pèlerin. Enfin, le 9 est le nombre de celui qui réalise la volonté divine.

 

Le chiffre 8 

  • Les 8 jours de pénitence que doit subir un Templier fautif d'une faute vénielle.
  • Les 8 sacrements que recevaient les Templiers.
  • Les 8 angles de la croix pattée et alésée.
  • Les 8 articles du serment prêté par le futur Templier.

Mais le 8 se rencontre surtout dans l'architecture du Temple, sous la forme des églises et chapelles octogonales, encore que les Templiers n'en aient pas fait un emploi systématique.

Totalisateur, le nombre 8 est celui de l'équilibre cosmique, car c'est le nombre des quatre points cardinaux et des quatre directions intermédiaires.

Nombre marquant la condamnation des impies et la récompense des justes, le 8 est le symbole de l'accomplissement et de l'avènement. D'où sa nature mariale.

Mais surtout le 8, succédant aux 7 jours de la Création, représente le "passage" à une autre vie, une renaissance et une résurrection. C'est pourquoi, jadis, les fonts baptismaux et les premiers baptistères étaient octogonaux (églises de Poitiers, Fréjus, Aix-en-Provence, Ravenne, etc.).

Par l'octogone christique, on passe du monde profane et terrestre (représenté par le carré) au monde sacré et céleste (représenté par le cercle ou le dôme). C'est ce rôle que jouaient les églises et chapelles templières.

Notons encore que le 8 est le symbole du jugement de l'Agneau, comme l'indique l'Apocalypse, du juste et du Christ considéré, à l'instar de Melchisédech, comme la figure du "Roi de justice" ou du "Roi du Monde".

 

L'ABRAXAS PANTHÉE

Formule magique et sacrée, Abraxas est, dans la Gnose grecque, le nom du dieu de l'année. Son origine est issue des sept premières lettres du nom de Dieu en hébreu, et fait référence aux sept planètes, aux sept archanges, aux sept péchés, aux sept jours, etc. Décomposées selon le système grec de numérotation, puis additionnées, les sept lettres du terme donne le nombre du cycle annuel, soit 365. Il est donc le symbole de la totalité de la Création, du cosmos et de la Connaissance (gnosis). Selon saint Jérôme, Abraxas correspondrait au nombre mystique et caché de Mithra, dont la somme des lettres, en grec (MEIOPAE), donne aussi 365.

Les Abraxas se présentent sous la forme d'intailles (pierres fines gravées en creux) ou de gemmes soit montées en bague, portée par les chrétiens gnostiques, puis par les maîtres du Temple qui l'utilisaient souvent comme contre-sceau, soit utilisées en sceaux. Ces pierres précieuses remontent au II siècle apr. J.-C., à une époque où vécut le célèbre philosophe gnostique Basilide d'Alexandrie dont la doctrine tenta de synthétiser les courants chrétien, égyptien, mithriaque, grec et celte; certaines données de cette doctrine se retrouvant dans celle du Temple. Ce dernier utilisa les Abraxas dès la période de Hugues de Payns, lequel en hérita de la famille des comtes de Champagne qui en réactiva l'usage. Car l'emploi de l'Abraxas ne fut nullement l'apanage des seuls Templiers. Son utilisation fut constante durant tout le Moyen Age et répandue au sein des corporations, notamment celles des maîtres maçons et des tailleurs de pierres, de la bourgeoisie et de la noblesse.

La figure centrale en est un être composite réunissant un buste et des membres supérieurs d'homme, le buste vêtu d'une cuirasse à l'antique, les bras étant nus. La tête est celle d'un coq, bec droit ou levé vers le ciel, tournée vers la droite ou vers la gauche. Les membres inférieurs sont constitués de deux serpents recourbés vers le haut. Le monstre tient deux objets, une rondache dans la dextre et un fouet ou flagellum dans la sénestre, parfois remplacé par un bâton. Cette curieuse figure cumule plusieurs symboles de nature "mythicodivine" dont la valeur initiatique ne pouvait pas échapper aux Templiers.

D'abord les deux symboles complémentaires que sont le coq - qui remplace en l'occurrence l'aigle - et le serpent. Symbole de la sagesse et de la vigilance, le coq, par son chant, chasse les ténèbres et permet au soleil de se lever et de briller. Il incarne l'Initié qui renaît après la mort initiatique de la nuit à la lumière d'une vie nouvelle et purifiée de toutes les souillures. Le serpent, incarnation des forces telluriques et chthoniennes, symbolise ici l'énergie tellurique nécessaire au processus de renaissance, de vie nouvelle sublimée par la Connaissance que procure le Bien, les têtes de serpents regardant vers le ciel, l'univers de l'Esprit parfait. Par ses mues périodiques, le serpent est le signe du perpétuel mouvement originel et de l'éternelle succession des cycles. La cuirasse à l'antique indique la nécessité de lutter pour acquérir la Connaissance et la Sagesse qui ne sont jamais données mais conquises. La rondache, qui porte souvent les lettres grecques I A W, iota, alpha, oméga, est le signe de la protection de l'Initié dans sa quête de la Connaissance et de la Sagesse, et le fouet ou le bâton est celui du pouvoir.

L'Abraxas Panthée utilisé par le Temple, généralement presque exclusivement par le maître et les hauts dignitaires, est souvent accompagné par les trois lettres grecques, qui sont alors placées non sur le bouclier mais sur le champ du sceau, et de sept étoiles figurant les sept lettres du terme Abraxas. L'exergue est toujours le même : SECRETVM  TEMPLI. Inscription qui se passe de commentaire.

 

À venir...

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